TOME Q-R - 341 pages - 4 777 patronymes et renvois cités

PREFACE par le Comte MARRAUD des GROTTES

Depuis une quarantaine d’années, la généalogie s’est profondément modifiée. Dépassant la simple curiosité, un véritable esprit scientifique s’est développé autour de ces recherches produisant des études sérieuses et des travaux universitaires qui lui ont permis d’être reconnue comme science auxiliaire de l’histoire et de la sociologie . Les recherches ont bien sûr commencé autour de la noblesse : Jean Meyer, professeur à l’Université de Haute Bretagne puis à la Sorbonne, publie « La Noblesse Bretonne au XVIII° siècle », le baron Pierre Durye, archiviste paléographe et Secrétaire Général des Archives de France, auteur du célèbre volume « La Généalogie » dans la collection « Que sais-je ? », avec lequel j’ai eu l’honneur de siéger à la Commission des Preuves de l’ANF, publie avec François Bluche, professeur de lettres modernes à l’Université de Besançon puis de Nanterre, des ouvrages faisant autorité, notamment «L’Anoblissement par Charges avant 1789». Les années 1970 voient la publication de nombreux ouvrages marquant l’évolution et la maturité des recherches généalogiques. En 1972, le docteur Dugast-Rouillé publie sa première édition du Nobiliaire de France, premier essai de recensement de toutes les familles nobles subsistantes à cette date. En 1974, Gaston Saffroy publie le troisième et dernier tome de sa monumentale «Bibliographie Généalogique, Héraldique et Nobiliaire de la France». En 1975, Etienne de Séreville et Fernand de Saint Simon publient leur Dictionnaire de la Noblesse de France recensant toutes les familles nobles subsistantes. L’intérêt grandissant de ces recherches amène cette même année la réédition du « Jougla de Morénas : Grand Armorial de France » de 1933 qui a l’avantage d’étendre son recensement à toutes les familles nobles et non nobles, particulées ou non, portant armoiries. Enfin, les Editions « Jean de Bonnot » firent paraître sur la période de mai 1985 à mars 1992 « L’Ordre de la Noblesse », ouvrage en 7 volumes de plus de 8000 pages, rédigé par les généalogistes, archivistes et historiens spécialistes des trente-quatre pays d’Europe ayant ou ayant eu une noblesse, recensant toutes les familles nobles subsistantes de ces pays. Les recherches généalogiques menées de façons rigoureuses et scientifiques, pour la noblesse étudiées de façon juridique : (quel est le «principe» juridique fondant la noblesse de telle famille ?), ne manquèrent pas d’attirer l’attention sur les familles d’apparence noble (particulées) et celles revendiquant l’appartenance au second ordre, voire un titre de noblesse, ne figurant pas dans les nouvelles études et dictionnaires venant d’être publiés. Quelques études commencèrent alors à apparaître sur ces familles.En 1972, dans la première édition de son nobiliaire de France et en 1975/1976 dans sa deuxième édition, le docteur Dugast-Rouillé précisait si les alliances des membres figurant dans son ouvrage et qui portaient un non particulé ou un titre étaient de familles effectivement nobles ou non nobles .Cette précision engendra beaucoup d’émotion dans les familles ! Certaines très « titrées » et tenant le haut du pavé, n’étaient pas au bout de leur peine car en 1975 le « Dictionnaire des Vanités « voyait le jour, rappelant le cahier noir de la noblesse, où se retrouvaient des familles particulées revendiquant l’appartenance au second ordre, voire des titres de noblesse qu’elles portaient dans divers annuaires mondains, faisaient paraitre dans les carnets du jour bien connus et ne manquaient pas d’inscrire sur leurs cartes de visite …. Cette nouvelle vérité, beaucoup en redemandaient et le filon était vendeur. En contre-point des dictionnaires de la noblesse, paraissait alors l’Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d’apparence « tome 1, tome2, tome 3 etc… au fur et à mesure des recherches et des vérifications qui aboutit en 2002 à la publication du « Simili Nobiliaire Français ». En 1978 le docteur Dugast-Rouillé faisait paraître sous un titre plus modéré « Les Notables ou la seconde Noblesse « (en comparaison avec le « Second Ordre »), un ouvrage en deux tomes de 3000 pages s’efforçant « d’inventorier et étudier brièvement tout nom que l’on nomme communément à rallonge (et donc particulé) et à chercher d’où il venait ». Il prit soin cependant de signaler les familles en possession d’une noblesse étrangère que certains ouvrages avaient, à tort, qualifié de fausse noblesse au motif qu’elle n’était pas régulière en France. C’est en tout près de 10 000 familles qui étaient recensées, mais l’auteur faisait remarquer que son travail ne représentait à son avis que la moitié des familles non nobles portant particules et ayant pignon sur rue. Il estimait, à cette époque, à 20 000 environ le nombre des familles particulées, non nobles, et à 4 000 les familles nobles. Or, la publication de ce 12e tome de « Sire de Grâce » sur les familles françaises particulées concernant les lettres Q et R, qui est l’avant-avant dernier tome de cette monumentale publication, porte à plus de 57.000 le nombre des notices publiées depuis le tome A ! La publication du dernier tome portera à plus de 65.000 les familles étudiées. Signalant celles d’authentique noblesse et les autres, sans esprit de polémique, clarifiant en toute sérénité leur situation, cet ouvrage publié sur une vingtaine d’années, est la synthèse de l’évolution de 45 ans de recherches généalogiques menées avec rigueur et de façon scientifique. C’est dire l’importance du travail accompli par les auteurs : Etienne de Séreville que j’ai bien connu car il a collaboré avec moi à certains ouvrages généalogiques et Bertrand Ogerau-Solacroup qui a relevé le défi de poursuivre seul et mener à bien cette entreprise depuis le tome 7 .Bien des tentatives ont vu le jour dans le passé, tels la Bio-bibliographie des familles bretonnes de René de Kerviler ou le dictionnaire de Chaix d’Est-Ange, fort utiles aux recherches mais hélas restées inachevées. C’est la première fois qu’une telle entreprise aura été menée à sa fin. Que Bertrand Ogerau-Solacroup en soit ici remercié, par les généalogistes qui savent ce que cela représente d’énergie et d’abnégation, par les cinquante-cinq mille familles concernées, à ce jour, et par tous ceux qui bénéficieront de ces recherches.

Comte Roger Marraud des Grottes
Président de la Réunion de la Noblesse pontificale


« De gueules à l'épée d'argent posée en bande, au chef cousu d'azur chargé de trois étoiles d'or »

TOME Q - R  

Mars 2015

ISBN : 97823595700601

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